Spiritualité & développement de l'intuition

Le Tarot de Marseille, c’est quoi au juste ?

Le Tarot de Marseille, c'est quoi au juste ?

On me demande souvent, à la fin d’une séance de méditation, ce que je pense du Tarot de Marseille. La confusion est fréquente : oracle, voyance, jeu de hasard, pratique occulte ? Rien de tout cela, en réalité. Dans ma pratique d’enseignante de présence, j’ai croisé cet art à travers des élèves qui l’utilisaient comme miroir intérieur, jamais comme boule de cristal. Le Tarot de Marseille est un système codifié de 78 cartes, hérité d’une tradition européenne vieille de plus de cinq siècles. Cet article pose les bases : ce qu’il est, d’où il vient, ce qui le distingue des autres tarots, et à qui il s’adresse aujourd’hui. Ceux et celles qui souhaitent se former à l’Art du Tarot de Marseille dans un cadre structuré y trouveront un premier repère clair.

Qu’est-ce que l’Art du Tarot de Marseille, exactement ?

C’est une discipline symbolique utilisant 78 cartes codifiées pour explorer l’inconscient, éclairer une situation et développer l’intuition.

L’Art du Tarot de Marseille désigne la pratique lectorale d’un jeu de 78 cartes structuré en deux ensembles : 22 arcanes majeurs (du Bateleur au Monde, numérotés de 0 à XXI) et 56 arcanes mineurs répartis en quatre suites — bâtons, coupes, épées, deniers. Chaque lame porte une iconographie fixée par la tradition marseillaise, notamment via l’imprimeur Nicolas Conver en 1760.

On parle d’« art » et non de technique parce que la lecture ne se réduit jamais à une correspondance mécanique carte-signification. Elle mobilise trois compétences articulées : la connaissance du symbolisme (couleurs, postures, nombres), la capacité à faire dialoguer les lames entre elles dans un tirage, et une présence intuitive à ce qui émerge chez la personne consultée. Dans mon expérience d’enseignante, cette posture d’écoute rejoint celle de la méditation guidée : on accompagne un déploiement, on ne le force pas.

Trois usages coexistent aujourd’hui. L’usage introspectif, majoritaire, où la personne tire des cartes pour clarifier une question personnelle. L’usage d’accompagnement, où un praticien du bien-être utilise le tarot comme médiation symbolique. L’usage divinatoire, historique, qui reste pratiqué mais qui n’épuise pas la richesse de l’outil.

Ce que le Tarot de Marseille n’est pas mérite d’être posé clairement : ce n’est ni un oracle libre, ni un jeu de hasard, ni une pratique occulte au sens sensationnaliste. C’est un langage codifié, transmissible, et compatible avec une posture rationnelle.

D’où vient le Tarot de Marseille : quelle est son histoire et sa cosmologie ?

Né en Italie au XVe siècle, le Tarot de Marseille a été standardisé en France aux XVIIe–XVIIIe siècles, héritant d’une cosmologie symbolique riche.

Les premières traces attestées de jeux de tarot remontent aux tarocchi italiens du XVe siècle, notamment les jeux Visconti-Sforza commandés par les cours de Milan vers 1450. Ces cartes peintes à la main servaient d’abord au jeu, mais leur iconographie mêlait déjà allégories médiévales, figures christiques et symboles néoplatoniciens.

La bascule vers le modèle « de Marseille » s’opère en France entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, quand les cartiers de Marseille — Jean Noblet (1650), Jean Dodal (1701), et surtout Nicolas Conver (1760) — fixent une iconographie standardisée diffusée par la gravure sur bois. Le jeu de Conver reste aujourd’hui la référence historique la plus reproduite.

La cosmologie du tarot puise à plusieurs sources : l’iconographie chrétienne médiévale (la Papesse, le Pape, le Jugement), l’hermétisme et l’alchimie de la Renaissance (les quatre éléments dans les suites mineures), la kabbale chrétienne (les 22 majeurs mis en correspondance avec les lettres hébraïques au XIXe siècle par Éliphas Lévi), et le néoplatonisme (l’idée d’un voyage de l’âme).

Les 22 arcanes majeurs se lisent souvent comme un parcours initiatique : du Fou (l’arcane sans numéro, l’élan) au Monde (XXI, l’accomplissement), en passant par des étapes-clés comme la Mort (XIII, la transformation) ou la Tempérance (XIIII, l’ajustement). Chaque lame incarne une force universelle ou une étape de conscience. Cette lecture initiatique, popularisée au XXe siècle par Paul Marteau puis Alejandro Jodorowsky, structure aujourd’hui la plupart des enseignements sérieux.

En quoi le Tarot de Marseille se distingue-t-il des autres tarots et disciplines voisines ?

Il se différencie par son iconographie épurée, son ancienneté et sa structure fixe, à l’inverse des tarots modernes et des oracles libres.

Trois grandes familles de jeux coexistent aujourd’hui. Le Tarot de Marseille (XVIIe–XVIIIe siècles) présente des arcanes mineurs non illustrés narrativement : les coupes, deniers, épées et bâtons sont représentés par leur nombre, invitant à une lecture intuitive et symbolique. Le Rider-Waite (1909), conçu par Arthur Edward Waite et Pamela Colman Smith, illustre chaque carte par une scène narrative, ce qui simplifie l’apprentissage mais oriente l’interprétation. Le Thoth (1944), pensé par Aleister Crowley et peint par Frieda Harris, intègre un système astrologique et kabbalistique dense.

La distinction essentielle avec un oracle tient à la structure. Le tarot obéit à 78 cartes fixes, à des correspondances établies, à une tradition transmissible. Un oracle est un jeu libre, créé selon l’inspiration d’un auteur (nombre variable de cartes, thèmes propres). L’oracle peut être précieux, mais il n’appartient pas à la même famille : il n’a ni codification historique, ni système symbolique partagé.

Parmi les disciplines de développement de l’intuition, le Tarot de Marseille se conjugue naturellement avec la numérologie et la connaissance de soi, l’astrologie symbolique et la psychologie jungienne des archétypes. Ces approches partagent une même hypothèse : le symbole comme voie d’accès à des contenus psychiques peu accessibles au discours rationnel direct.

Ce qui fait la spécificité marseillaise, c’est précisément sa sobriété graphique. En laissant les arcanes mineurs « ouverts », le jeu invite la personne à projeter, associer, ressentir — ce qui en fait un outil particulièrement adapté au travail introspectif et à développer son intuition au quotidien.

À qui s’adresse l’Art du Tarot de Marseille ?

Il s’adresse à toute personne en quête de connaissance de soi et aux praticiens du bien-être cherchant un outil symbolique d’accompagnement.

Trois profils reviennent régulièrement dans les cercles de formation. D’abord, les personnes en questionnement personnel : transition professionnelle, deuil, réorientation de vie, quête spirituelle. Elles cherchent un miroir qui les aide à formuler ce qu’elles ressentent confusément.

Ensuite, les professionnels du bien-être — thérapeutes, coachs, sophrologues, praticiens en soins énergétiques — qui souhaitent enrichir leur palette d’outils symboliques en accompagnement thérapeutique. Le tarot leur offre un langage de médiation qui permet au client d’exprimer ce qui reste bloqué dans le verbal direct.

Enfin, les curieux du symbolisme : lecteurs de Jung, passionnés d’histoire des idées, personnes attirées par les traditions ésotériques européennes sans démarche religieuse particulière.

Aucun prérequis ésotérique n’est nécessaire. La pratique demande en revanche du temps : l’apprentissage sérieux des 78 cartes, du symbolisme et des méthodes de tirage prend plusieurs mois, souvent plusieurs années pour atteindre une maîtrise fluide. Ce que la pratique apporte concrètement, dans mon observation d’enseignante en méditation : de la clarté sur des situations complexes, du recul émotionnel, une reconnexion à l’intuition — sans qu’il soit nécessaire d’adhérer à une dimension prédictive.

Pour ceux et celles qui souhaitent transmettre ou intégrer cette pratique à une activité professionnelle, le parcours complet de l’Art du Tarot de Marseille proposé par GIWT offre une progression structurée, de la découverte des arcanes à la posture de praticien.

« Dans ma pratique de la méditation comme dans l’approche du tarot, la même règle vaut : le symbole ne prédit rien, il révèle ce que la personne est prête à voir. C’est cela, l’intuition — une écoute, pas un pouvoir. »

— Yasmine Hamidi, Enseignante de méditation & yoga doux

Le Tarot de Marseille n’est ni une superstition ni une science exacte : c’est un art symbolique, transmissible, adossé à cinq siècles de tradition européenne. Ses 78 cartes forment un langage qui, bien enseigné, ouvre un espace précieux de réflexion et d’intuition — sans exiger d’adhésion à un système de croyances. Que vous soyez curieux, praticien du bien-être ou en quête d’un outil d’accompagnement pour vos clients, l’entrée dans cet art gagne à se faire dans un cadre pédagogique clair, comme un parcours certifiant dédié à la transmission du Tarot de Marseille. Reste une question : qu’est-ce qui, dans votre vie actuelle, gagnerait à être regardé sous un angle symbolique ?

Questions fréquentes

Le Tarot de Marseille est-il le même que le tarot divinatoire classique ?

Non. Le Tarot de Marseille est une version historique et spécifique, standardisée en France aux XVIIe–XVIIIe siècles. Il partage la structure de 78 cartes avec d'autres tarots, mais son iconographie épurée et sa tradition symbolique lui sont propres. Le terme « tarot divinatoire » regroupe en réalité de nombreux jeux différents.

Faut-il croire au surnaturel pour pratiquer le Tarot de Marseille ?

Non. De nombreux praticiens l'utilisent comme outil psychologique et introspectif, sans dimension surnaturelle. Le tarot fonctionne alors comme un miroir symbolique qui invite à la réflexion et à la projection d'éléments inconscients, indépendamment de toute croyance métaphysique.

Combien y a-t-il de cartes et comment sont-elles organisées ?

Le jeu comprend 78 cartes : 22 arcanes majeurs (numérotés de 0 à XXI, du Fou au Monde) et 56 arcanes mineurs répartis en quatre couleurs (bâtons, coupes, épées, deniers), chacune contenant 10 cartes numérales et 4 figures (valet, cavalier, reine, roi).

Quelle est la différence entre un arcane majeur et un arcane mineur ?

Les arcanes majeurs représentent des forces universelles ou des étapes existentielles majeures (l'Amoureux, la Mort, le Soleil…). Les arcanes mineurs reflètent les situations du quotidien, organisés en quatre suites correspondant traditionnellement aux quatre éléments : feu (bâtons), eau (coupes), air (épées), terre (deniers).

Le Tarot de Marseille est-il adapté aux débutants complets ?

Oui, à condition d'être accompagné d'une méthode pédagogique solide. Sa richesse symbolique demande un apprentissage progressif — comptez plusieurs mois pour maîtriser les 22 majeurs — mais l'accès ne requiert aucun prérequis ésotérique. La régularité prime sur l'intensité.

Quelle est la différence entre un tarot et un oracle ?

Le tarot obéit à une structure fixe et codifiée (78 cartes, arcanes majeurs et mineurs, symbolique partagée). L'oracle est un jeu libre, sans structure imposée, créé selon l'inspiration de son auteur. Consultez notre article sur les différences entre tarot et oracle pour approfondir.

Peut-on utiliser le Tarot de Marseille dans un cadre professionnel d'accompagnement ?

Oui. De nombreux praticiens du bien-être — coachs, thérapeutes, sophrologues — intègrent le tarot comme outil de médiation symbolique. Cette intégration nécessite une formation sérieuse, une posture éthique claire (pas de prédiction imposée, pas de diagnostic médical) et un cadre déontologique explicite avec le client.

Et après ?

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